Adolescentes nigérianes.
17 janvier 2018

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Adolescentes nigérianes»

M . Yves Evrard (MR).

Madame la Ministre, la prostitution est une thématique qui a régulièrement animé nos commissions. Vous aviez d’ailleurs commandé une étude à ce sujet.

Nous avons constaté, à travers les différents débats, que les positions étaient parfois diamétralement opposées: certains prônent l’abolition, alors que d’autres souhaitent la mise en place de structures d’encadrement qui permettraient d’offrir aux travailleurs du sexe des conditions de travail dé- centes ou, au moins, d’exercer un meilleur contrôle.

Cependant, lorsqu’il est question de la prostitution des mineurs, nous sommes tous d’accord. Nous avons récemment pris connaissance, grâce à l’Union des travailleurs du sexe organisés pour l’indépendance (UTSOPI), de la problématique des jeunes filles nigérianes victimes de prostitution.

Ce phénomène n’est pas nouveau puisque la police fédérale se targuait déjà l’année dernière d’avoir démantelé un réseau nigérian.

Madame la Ministre, quelle est votre position sur ce sujet? Quelles actions avez-vous entreprises?

Aviez-vous déjà été informée par le secteur associatif de cette amplification de la prostitution de mineurs?

Le collectif UTSOPI dénonce la précarisation accrue engendrée par une répression excessive; quelle est votre opinion visà-vis de cette déclaration?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

Ayant pris connaissance de cette situation par voie de presse, je n’en connais pas forcé- ment tous les détails. Si les faits s’avéraient, la priorité serait évidemment d’activer tous les le- viers possibles pour sortir ces jeunes filles de cet enfer et, si des proxénètes étaient concernés, d’appliquer strictement nos législations relatives au proxénétisme et à la traite des êtres humains.

Concernant la capacité d’intervention de la Fédération Wallonie-Bruxelles, si ces jeunes Nigérianes sont des mineures non accompagnées, il est possible de mobiliser des conventions entre Fedasil et le secteur de l’Aide à la jeunesse afin d’assurer un accompagnement des plus jeunes et des plus vulnérables d’entre elles.

Pour rappeler brièvement ma position sur le sujet, j’ai régulièrement répété que je considérais la prostitution comme une violence grave. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle est qualifiée dans la

Convention d’Istanbul, ratifiée par notre pays, et dans le Plan national de lutte contre les violences faites aux femmes.

Je réitère donc ma demande de voir organiser un large débat national qui permettrait à chaque niveau de pouvoir de prendre les dispositions nécessaires pour lutter contre ce phénomène aux multiples facettes.

J’ajoute qu’à la suite d’Alter Égales 2017, j’ai pris l’initiative de réunir, début février, une table ronde interministérielle qui devra, notamment, aborder une série de recommandations relatives à la prostitution.

M. Yves Evrard (MR)

Madame la Ministre, cette problématique est évidemment extrê- mement complexe. Comme vous le dites et comme tous les collectifs le signalent, la lutte contre la traite des êtres humains est une absolue nécessité.

Il ne suffit pas de le dire, mais il faut mettre en œuvre tous les moyens d’action possible. Éradiquer totalement le phénomène est toutefois une utopie. Comme le suggère le collectif UTSOPI, nous devons sans doute chercher comment améliorer les conditions de travail, notamment dans ce domaine.

Il serait peut-être aussi utile de les entendre. Nous savons que les moyens d’action de notre Fédération sont relativement limités.

Je ne peux que vous inviter à prendre l’initiative, dans le cadre de vos compétences, pour faire avancer le débat.

Au sein des différentes formations politiques, chacun a ses sensibilités et son approche vis-à-vis de cette thé- matique.

C’est en débattant et en tentant de concilier les points de vue qu’une solution pourra sans doute se dégager ou, en tout cas, aller dans la bonne direction.

CRI No8 (2017-2018) ( 34 )




Source : http://parlement.wallonie.be