Réactions de certains conseillers musulmans en IPPJ sur la qualité des formations dispensées en collaboration avec l’EMB.
19 décembre 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Réactions de certains conseillers musulmans en IPPJ sur la qualité des formations dispensées en collaboration avec l’EMB» .

M . Yves Evrard (MR).

Ma question s’inscrit dans le cadre de nos dernières discussions, notamment lors de l’analyse du budget. Je m’étais permis de vous interroger sur les formations organisées en collaboration avec l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB) à destination des conseillers islamiques et sur leur succès relativement mitigé auprès des étudiants.

Comme vous le savez sûrement, quelques jours après notre discussion, la presse nous informait que certains conseillers islamiques remettaient en question la qualité des formations qui leur avaient été proposées, tant sur le fond que sur la forme.

L’un d’entre eux déclarait: «Nous étions déçus de la médiocrité de ce qui nous a été offert». Difficile d’être plus clair.

L’article en question dénonçait aussi l’attention accordée à la communication politique plutôt qu’à la qualité de la formation.

Cet éclairage pourrait expliquer pourquoi aucun des douze étudiants ayant suivi la formation visant à mieux outiller les conseillers islamiques dans le domaine de l’accompagnement civil et social n’a souhaité présenter l’examen.

Madame la Ministre, je pense que votre intention était bonne et de nature à favoriser le vivre ensemble dans le contexte que nous connaissons.

J’aurais voulu connaître votre position quant aux propos évoqués dans cet article qui invite, je crois, à une réaction claire, nette et précise de votre part.

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

Comme vous le savez, l’Enseignement de promotion sociale est intervenu comme prestataire de formation pour l’Institut de promotion des formations sur l’islam.

Parmi les douze conseillers islamiques inscrits, huit ont suivi l’intégralité de la formation et n’ont formulé aucune remarque d’ordre pédagogique ou organisationnel aux chargés de cours qui ont assuré les activités d’enseignement.

Je confirme toutefois que les conseillers ne se sont pas présentés à l’épreuve d’évaluation organisée au terme de leur parcours.

Pour rappel, cette formation n’était pas obligatoire, mais qu’elle avait été vivement conseillée par les responsables de l’Exécutif des musulmans de Belgique.

C’est d’ailleurs en étroite collaboration avec l’Exécutif que les dossiers pédagogiques des unités d’enseignement ont été élaborés.

Les finalités particulières, le contenu des programmes ainsi que le nombre de périodes dévolues aux formations ont été construits conjointement avec la personne de référence que le président de l’Exécutif des musulmans de Belgique a désignée à cet effet.

Je suis dès lors surprise des informations parues dans la presse à ce sujet, car il n’était pas possible pour l’Enseignement de promotion sociale d’être plus à l’écoute des besoins du terrain dans ce dossier.

Il appartiendra à mon collègue Jean-Claude Marcourt de se positionner sur les suites à réserver au projet.

M . Yves Evrard (MR).

Madame la Ministre, je note vous avez été à l’écoute et que vous avez tenté de répondre au mieux aux sollicitations.

En lisant l’article aux propos assez clairs, je conserve néanmoins le sentiment que les ministres Marcourt et Madrane ainsi que vous-même avez tous été roulés dans la farine. C’est le message que nous pouvons en déduire, et je n’ai pas entendu énormément de démentis à ce sujet.

Je reste convaincu que ces propos doivent vous interpeller, vos collègues et vous-même. Cette formation est indispensable pour le futur et les différents protagonistes l’ont demandée.

Il faudrait obtenir un résultat autrement plus porteur aux yeux du public que celui issu des propos tenus dans la presse. Au final, il s’agit d’un sacré problème de communication.

CRIc No41-Ens prom6 (2017-2018) ( 6 )




Source : http://parlement.wallonie.be