Information et promotion de l’enseignement de promotion sociale.
19 décembre 2017

Question de M. Yves Evrard à Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances, intitulée «Information et promotion de l’enseignement de promotion sociale»

M . Yves Evrard (MR).

De manière géné- rale, l’enseignement de promotion sociale (EPS) colle de plus en plus à la réalité d’aujourd’hui.

En effet, l’évolution des mentalités et du monde économique fait que, par choix ou par obligation, de nombreux travailleurs sont amenés à réorienter leur carrière professionnelle. Selon la nouvelle direction de la Haute École de commerce de Liège, la qualité première d’un travailleur est sa capacité à continuer à apprendre et à s’adapter à l’environnement.

Je partage pleinement cette analyse. Répondre aux besoins réels de l’entreprise doit être une priorité pour l’enseignement. Sur ce point, le monde entrepreneurial et le monde de la formation se rejoignent.

De par ses caractéristiques et sa flexibilité, l’EPS a toutes les qualités pour répondre à cette évolution sociétale et est donc susceptible de concerner de plus en plus d’apprenants. Or, force est de constater que la promotion faite sur les sites www.ares-ac.be et www.enseignement.be est peu attractive et difficile à utiliser.

Le site de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), par exemple, propose une liste des établissements, mais aucun lien ne renvoie vers les établissements en question. Les établissements qui le souhaitent développent et assurent leur propre promotion, mais l’initiative reste individuelle et l’offre globale est peu claire et attractive.

Prenons par exemple l’enseignement supé- rieur en Fédération Wallonie-Bruxelles qui compte 210 000 étudiants dont 16 % sont inscrits via l’EPS. Il s’agit d’un nombre non négligeable qui avoisine les 34 000 étudiants.

Cette filière est cependant méconnue. Je rappelle que l’offre de l’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles est dispensée par six universités, 19 hautes écoles, 16 écoles supérieures des arts et 86 établissements de promotion sociale.

De toute évidence, malgré son importance, ce chiffre n’ajoute pas à la visibilité de l’EPS. Quels sont les freins à cet égard?

Dans le contexte actuel, soigner la présentation et la promotion de l’EPS me semble une priorité. Envisagez-vous de faire des efforts sur ce point?

Les informations reprises sur le site www.enseignement.be sont parfois incomplètes et le site pourrait être amélioré de manière significative.

Quel est le service qui en assure la gestion? Comment se déroule la collaboration avec votre administration?

Ne serait-il pas utile de travailler à la lisibilité de l’information et à la promotion de l’EPS en général?

Mme Isabelle Simonis, ministre de l’Enseignement de promotion sociale, de la Jeunesse, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances.

Un appel pour l’engagement d’un représentant chargé d’assurer la visibilité, la promotion et la représentation de l’enseignement de promotion sociale au sein d’instances privées et publiques sera lancé, dès le début du mois de janvier prochain.

Plus spécifiquement, les tâches de ce repré- sentant ou de cette représentante se déclineront comme suit: premièrement, il devra analyser les opportunités de formation au sein des bassins Enseignement qualifiant-Formation-Emploi (EFE) et des pôles d’enseignement, et démarcher les secteurs ou fédérations professionnelles ou encore le secteur public, afin de développer l’offre de l’enseignement de promotion sociale, en fonction de leurs besoins.

Deuxièmement, cette personne devra proposer des suggestions de développement de l’offre d’enseignement, principalement pour les métiers en pénurie et les filières en alternance, en tenant compte des spécificités de l’enseignement de promotion sociale.

Troisièmement, il lui incombera d’établir de nouvelles collaborations en termes de conventions de valorisation, afin de répondre aux besoins et demandes de formation des secteurs intéressés, dans une démarche d’apprentissage tout au long de la vie.

Cette charge de mission, affectée au sein de la Direction générale de l’enseignement non obligatoire et de la recherche scientifique, viendra renforcer le Conseil général de l’enseignement de promotion sociale.

Le site www.enseignement.be est géré au sein de l’Administration générale de l’Enseignement par la direction www.enseignement.be.

Depuis mon entrée en fonction, j’ai été attentive au renforcement de la collaboration entre les différents services administratifs concernés.

La section Enseignement de promotion sociale du portail www.enseignement.be a été entiè- rement restructurée, il y a deux ans.

Deux moteurs de recherche sont aujourd’hui disponibles: un annuaire d’établissements et des sections qui y sont dispensées et l’offre des débouchés de l’Enseignement de promotion sociale.

Un annuaire des cours, tous niveaux d’enseignement confondus, est en cours de réalisation sur le site www.enseignement.be.

Toute personne pourra ainsi prochainement effectuer une recherche transniveaux. J’ai également le plaisir de vous annoncer la publication, dans les prochains jours, du «Zoom sur l’enseignement de promotion sociale».

Organisée autour de trois parties, cette publication présentera, dans un premier temps, le système modulaire, des aspects budgétaires et des données relatives aux chargés de cours de l’enseignement de promotion sociale.

Une deuxième partie présentera le public cible de l’enseignement de promotion sociale. Des indicateurs tels que le niveau de diplôme, la structure par âge, par sexe et la situation sur le marché du travail seront ainsi fournis.

Enfin, des informations sur les différentes composantes et les domaines d’intervention de l’enseignement de promotion sociale seront exposées. Je pense notamment aux conventions-cadres et aux formations en milieu carcéral.

Ce travail est le fruit d’une collaboration étroite avec l’Administration générale de l’enseignement, la Direction de la recherche du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES) et l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (IWEPS).

Il bénéficiera d’une large diffusion auprès des établissements d’enseignement, des opérateurs de formation, des parlementaires et des cabinets, des universités, des centres de recherche, des Instances Bassin Enseignement qualifiant-FormationEmploi (IBEFE), des pôles d’enseignement supérieur et des opérateurs de formation régionaux.

M . Yves Evrard (MR).

À vous entendre, je deviendrais un adepte de la réduction du temps de travail. Cela vous permettrait de soulager un petit peu votre voix. Je vais être bref, parce que votre réponse a été longue.

On sent bien que vous tracez différentes lignes directrices grâce auxquelles vous espérez améliorer les aspects que nous avons soulevés, avec ma collègue, Mme Simonis.

Je souhaiterais, en tout cas, que vous puissiez les évaluer. Dire que l’on va mettre en œuvre telle ou telle dé- marche est louable, mais il faut passer aux actes.

J’imagine que la collecte de statistiques est plus ou moins délicate, en fonction des types de modules suivis. Mais il serait bon de s’assurer de la pertinence des projets.

Nos questions traduisaient un besoin manifeste de la société. Il nous appartient d’y répondre au mieux et de le faire savoir.

CRIc No41-Ens prom6 (2017-2018) ( 4 )




Source : http://parlement.wallonie.be