Les castors
07 février 2018

QUESTION D'ACTUALITÉ DE M. EVRARD À M. COLLIN, MINISTRE DE L'AGRICULTURE, DE LA NATURE, DE LA FORÊT, DE LA RURALITÉ, DU TOURISME, DU PATRIMOINE ET DÉLÉGUÉ À LA GRANDE RÉGION, SUR

« LES PROBLÈMES POSÉS PAR LES CASTORS EN PROVINCE DE Luxembourg »

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, vous l'avez sans doute vu comme moi, un collectif de différentes associations dénonce la légèreté avec laquelle votre administration octroie les dérogations pour notamment permettre la lutte contre les dégats engendrés par les castors.

A contrario, on observe que lorsque l'on entend les élus, singulièrement luxembourgeois, les bourgmestres, les échevins, qu'ils sont de plus en plus inquiets par rapport à cette problématique qui engendre pas mal de nuisances, notamment au niveau environnemental, la perte de terres agricoles à travers des zones qui sont complètement inondées, mais ce qui les préoccupe au plus haut point, c'est évidemment leur responsabilité par rapport à la question de la sécurité civile, notamment quand les barrages se trouvent à proximité des zones qui sont urbanisées.

Ils s'inquiètent aussi finalement des moyens de lutte mis en œuvre et qui sont extrêmement coûteux et à côté de cela, peu efficaces puisque la capture et puis la relocalisation des castors à un autre endroit s'avère à terme souvent peu efficace puisque les sites ainsi protégés sont rapidement recolonisés.

Monsieur le Ministre, par rapport à cette problématique, quelle est finalement votre analyse de la situation ? Pensez-vous que le territoire a une capacité d'accueil encore plus grande, notamment de cette espèce et quelle est la manière dont vous souhaitez aborder cette problématique qui va ne faire qu'empirer ?

Ici, on dénonce quelques dérogations – une dizaine – alors que parallèlement à cela, certaines sources citent le chiffre de 1500 castors. C'est une population qui augmente de 1

500 individus chaque année. On voit vite que l'on va se retrouver là, confronté à un problème dans le futur.

Quelles sont les pistes et les solutions que vous envisagez pour répondre notamment en matière de sécurité civile aux élus luxembourgeois et aux autres, d'ailleurs, puisque le problème s'est également posé ailleurs ?

M. Collin, Ministre de l'Agriculture, de la Nature, de la Forêt, de la Ruralité, du Tourisme, du Patrimoine et délégué à la Grande Région.

- Monsieur le Député, dans le domaine environnemental, vous êtes un peu critiqué à gauche, car vous donnez des dérogations trop facilement ou à droite, car vous n'en faites pas assez au niveau des dérogations. C'est que vous êtes peut-être un peu dans le bon.

Comme ardennais, j'ai toujours tendance à essayer de me rassurer un peu. Plus sérieusement, le castor est une espèce qui est protégée. C'est une directive européenne, convention de Berne. Lorsqu'une espèce protégée se trouve dans un état de présence significative, il y a évidemment des possibilités de réguler. Ces possibilités doivent être utilisées.

Lorsqu'il est question de la sécurité des personnes et des biens, c'est clair que les dérogations doivent être accordées. Elles le sont d'ailleurs avec beaucoup de sérieux puisqu'il y a toute une procédure qui a été mise en place. Ce n'est pas à chaque fois, une réponse positive automatique, comme certaines associations semblent le dire. À chaque fois, on apprécie ici, il doit y avoir destruction du barrage ou bien des mesures de prévention ou si l'on doit aller jusqu'à des mesures de destruction.

Par rapport aux problématiques spécifiques de la Province de Luxembourg – car elles sont réelles – un collaborateur était présent le 22 janvier avec l'ensemble des élus qui examinaient avec les services techniques provinciaux, cette thématique et il a été convenu de faire un vrai plan de gestion et d'identifier une série de zones où des mesures préventives doivent être prises pour que le castor ne puisse pas s'y trouver.

Les mesures préventives sont souvent plus utiles que les dérogations et autres mesures qui doivent être prises a posteriori.

M.Evrard (MR). - Je vous remercie pour votre réponse
.

Je vous rejoins dans cette nécessité de définir un plan, une forme de cadastre pour définir les zones pour éventuellement poser problème et le cas échéant, mettre en porte à faux, notamment les bourgmestres qui ont une responsabilité à ce niveau-là.

Je pense qu'il faut vraiment agir, mais vous conviendrez avec moi que l'on voit que le problème va crescendo. Il faudrait aussi avoir un inventaire précis – je ne vais pas dire à l'instar de ce que l'on voit notamment pour le gibier de nos forêts – des populations et puis, réfléchir à des méthodes à plus ou moins moyen et long terme pour faire en sorte de maîtriser clairement la population.

On évoquait, et c'était la question de ma collègue tout à l'heure, la castration des porcelets, il faudra voir en fonction de la densité de population, on sait qu'il n'y a pas de prédateurs naturels, à l'exception du loup et ce n'est pas un loup solitaire qui va régler le problème. Il faudra tôt ou tard, Monsieur le Ministre, se pencher sérieusement sur la question, mais la piste que vous envisagez me convient et mérite en tout cas d'être entamée au niveau de la réflexion.

P.W.- C.R.I. N° 10 ( 2017-2018) -

Mercredi 7 février 2018




Source : http://parlement.wallonie.be