l'impact des mesures du plan emploi sur les remises efectives à l'emploi
20 juin 2018

QUESTION D'ACTUALITÉ DE M. EVRARD À M. JEHOLET, MINISTRE DE L'ÉCONOMIE, DE L’INDUSTRIE, DE LA RECHERCHE, DE L’INNOVATION, DU NUMÉRIQUE, DE L’EMPLOI ET DE LA FORMATION, SUR «L’IMPACT DES MESURES DU PLAN EMPLOI SUR LA REMISE EFFECTIVE À L’EMPLOI»

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, chacun conviendra que la reprise économique est aujourd'hui une réalité. Même si elle est parfois timide, elle est pourtant bien là. Le facteur limitant à cette croissance économique va être indéniablement la pénurie de main- d’œuvre. Vous avez annoncé, mon collègue l'a rappelé, un plan ambitieux qui concerne 12 mesures qui se déclinent à travers les trois pôles. C'est en cela que c'est original puisque vous ciblez les demandeurs d'emploi, les entreprises et également les organismes publics, de manière à avoir une action cohérente en la matière puisqu'il y a manifestement urgence.

Je voulais me focaliser sur deux éléments, notamment le premier qui concerne la défiscalisation.

Vous avez annoncé un dialogue avec l’État fédéral de manière à pouvoir défiscaliser les heures supplémentaires pour les métiers en pénurie et défiscaliser à concurrence de 350 euros les demandeurs d'emploi qui effectueraient des formations dans les 10 métiers.

Avez-vous déjà des éléments complémentaires à nous apporter ? J'imagine que le champ de réflexion est plus large que ces deux données, je pense notamment à toutes les matières qui concernent le travail occasionnel.

Enfin, Monsieur le Ministre, de manière plus large, pourriez-vous nous dire un peu le timing. Nous avons souvent évoqué la nécessité d'évaluer des mesures, ce sont des mesures concrètes qui vont être rapidement mises en œuvre. À quel horizon estimez-vous pouvoir déjà récolter des bénéfices de toutes ces mesures ? On le sait, la formation, cela nécessite un petit peu de temps ; le dialogue avec le Fédéral, cela nécessite un peu de temps. Je salue en tout cas le courage qui est le vôtre pour réformer notamment des institutions en voulant faire plus avec moins de moyens, je crois que c'est tout à fait possible.

Merci pour les réponses que vous apporterez à mes questions.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation.

- Messieurs les députés, je vais commencer par la philosophie des mesures qui sont prises en matière d'emploi parce que l'emploi est la priorité des priorités. Il y a le paradoxe en Wallonie d'avoir encore un taux de chômage trop élevé, trop de demandeurs d'emploi en Wallonie, malheureusement pas suffisamment formés, pas suffisamment qualifiés, mais aussi ce paradoxe que si l'on veut continuer à soutenir la croissance, créer de l'activité, créer de la richesse, on doit répondre aux besoins des entreprises, qu'elles soient petites, moyennes ou grandes, besoins des indépendants, de pouvoir engager de la main- d’œuvre. Quand on voit le nombre de postes vacants, 130000 postes vacants en Belgique aujourd'hui, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.

Je me réjouis que le Premier ministre ait pu prendre l'initiative en associant le Gouvernement fédéral et le ministre de l'Emploi fédéral, mais aussi les entités fédérées ainsi que le groupe des 10, puisqu'il a souhaité que le groupe des 10 s'implique dans ce dossier des métiers en pénuries de main-d’œuvre, des métiers critiques. Nous aurons encore, dans les jours qui viennent et avant les vacances d'été, un Comité de concertation où nous pourrons mettre sur la table les différentes mesures qui sont, d'une part, amenées par les entités fédérées et, d'autre part, par le Gouvernement fédéral.

Au niveau des entités fédérées, en tout cas la Région wallonne, nous viendrons avec une prime que nous souhaitons exonérer fiscalement pour des formations réussies dans des métiers en pénurie de main-d’œuvre avec un complément et une promesse d'entretien d'embauche à l'issue de la formation avec une défiscalisation des heures supplémentaires aussi dans les métiers en pénurie. Voilà le type de mesures avec lesquelles nous allons venir.

La philosophie de la réforme c'est aussi une coresponsabilité, responsabilité évidemment du politique, de pouvoir assumer, de pouvoir corriger le tir.

M. Drèze a évoqué tout à l'heure la problématique de la relation entre les MIRE et le FOREm puisque les MIRE ont été créées pour un public éloigné du marché du travail et, en 2016, le FOREm a peine adressé 10 % de demandeur d'emploi vers les MIRE, il y a là, manifestement, un problème. Cela ne va pas, et donc j'ai pris mes responsabilités pour imposer davantage d'adressage du FOREm vers les MIRE.

Responsabilité politique, responsabilité des opérateurs de formation, que ce soit le FOREm, que ce soit l’IFAPME, de jouer pleinement son rôle.

Responsabilité aussi des demandeurs d'emploi, de faire le maximum de démarches pour intégrer le marché du travail, pour suivre des formations qui mènent à l'emploi. Je l'ai dit, je le répète, et je le redis aussi régulièrement : une responsabilité des entreprises, notamment si l'on veut encourager la formation alternance, il faut créer davantage de places de stage en entreprise et là le rôle des entreprises peut aussi être essentiel.

Ensuite, il y a toute une série de mesures, on a évoqué certaines, par exemple, la convocation, les mardis de jeunes de moins de 30 ans pour sensibiliser, pour expliquer, pour tenter d'orienter vers des métiers en pénurie. C'est plus qu'une invitation, c'est une convocation même s’il n'y pas de sanctions à la clé, mais on voit que cela mobilise un public jeune pour pouvoir les convaincre de suivre des formations dans des métiers en pénurie.

Le PFI est un autre exemple. On a vu ces 10 dernières années une diminution importante du nombre de demandes de PFI. On veut rendre confiance à l'entreprise, la mettre au centre du débat avec ce principe de confiance de l’entreprise, supprimer des contrôles tatillons, correspondre aux besoins de l'entreprise par rapport au stagiaire qui va venir en entreprise avec embauche à la clé de la formation.

C’est une simplification, c'est le principe de confiance de l'entreprise, mais aussi une simplification des délais.

On a évoqué d'autres aides aux entreprises : Airbag, SESAM notamment. Quand on voit les délais, ce sont des délais qui sont inacceptables. Quand je suis arrivé en fonction, il fallait un an pour bénéficier de l’aide SESAM, par exemple. C’est inacceptable pour les entreprises et pour les indépendants qui en ont besoin directement.

Voilà le type de mesures que nous allons prendre, qui sont déjà prises, qui sont déjà activées aujourd’hui.

Il y en a d’autres, mais vous me permettrez d’en rester là avec le peu de temps qui m’était compté cet après-midi.

M. Evrard (MR).

- Merci, Monsieur le Ministre, pour votre réponse.

Le programme a déjà une vertu, c’est qu’il est clair, compréhensible et que l’on est face à un plan concret.

On n’est pas là dans le cas de figure d’un plan de communication. Il existe, dans d’autres assemblées et dans d’autres matières, des programmes, des plans, où l’on consulte, où l’on attend le feedback, où l’on analyse, où l’on fait un rapport, et cetera, mais in fine on ne prend jamais ses responsabilités.

Ici, je crois, au contraire – et vous l’assumez pleinement et je vous en félicite – qu’il y a une volonté très claire, à l’endroit des entreprises, des demandeurs d’emploi et des opérateurs publics, de faire évoluer les choses, de faire bouger, de faire changer les mentalités.

On peut rappeler aujourd’hui et dire haut et fort qu’il y a du travail sur le marché de l’emploi, qu’il y a des emplois, qu’il y a des jobs, comme diraient d’aucuns.

C’est à nous de saisir toutes ces opportunités pour que demain la Wallonie se porte mieux.

P. W. - C.R.I. N° 20 (2017-2018) - Mercredi 20 juin 2018




Source : http://parlement.wallonie.be