Deux cas de discrimination récompenses sportives
10 octobre 2018

Question de M. Yves Evrard à M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale, intitulée « Deux cas de discrimination dans les récompenses attribuées lors d’une compétition sportive»

M.Yves Evrard (MR).

–Au cours de la dernière session parlementaire, nous avons adopté la proposition de résolution visant l'égalité des récompenses pour les femmes et les hommes dans les compétitions sportives organisées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Malheureusement, ce texte n’a pas encore totalement été intégré par les organisateurs de ces compétitions.

J’ai en effet constaté, lors de deux événements, que les prix différaient. Le 15 août, aux «8 miles de Frameries», les cinq premiers hommes ont reçu respectivement 250, 200, 150, 100 et 50 euros, alors que les cinq premières femmes ont eu droit à 250 – pour la première place, le montant était identique–, puis 125, 75, 50 et 25 euros. Les femmes classées en troisième, quatrième et cinquième positions ont donc reçu une récompense équivalant à la moitié de celle des hommes.

Des inégalités similaires ont été constatées à Flémalle où, à la suite d’une course de 5 kilomètres, le premier jeune a été récompensé, mais pas la première jeune. Au terme de la course de 10 kilomètres, une récompense a été offerte aux trois premiers hommes, mais seulement à la première femme. Un travail de sensibilisation est donc encore nécessaire.

Monsieur le Ministre, avez-vous eu connaissance de ces événements? Quel suivi votre cabinet et l’administration ont-ils donné à la résolution du Parlement ? Avez-vous sensibilisé les organisateurs d’événements sportifs, les fédérations et les clubs? Avez-vous eu des contacts à ce sujet avec votre collègue chargée de l’Égalité des chances et des Droits des femmes? Vous a-t-on sollicité pour une intervention dans les récompenses octroyées lors des compétitions précitées? De quelle manière comptez-vous améliorer la communication relative à l’égalité des récompenses?

M. Rachid Madrane, ministre de l’Aide à la jeunesse, des Maisons de justice, des Sports et de la Promotion de Bruxelles, chargé de la tutelle sur la Commission communautaire française de la Région de Bruxelles-Capitale.

Monsieur le Député, comme vous le savez, je suis moi aussi un farouche défenseur de la promotion de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes. C’est un engagement que je partage avec ma collègue, Mme Simonis. Cette position trouve son prolongement au sein de mon ministère, où sont régulièrement organisées des collaborations entre mes services et ceux de la direction générale de l’égalité des chances. Cette égalité devrait idéalement se rencontrer à tous les niveaux du sport: celui de la participation à des activités physiques et sportives, de compétition ou non, mais aussi celui de l’encadrement sportif, de l’arbitrage et des fonctions dirigeantes au sein des clubs et des fédérations, ou encore dans l’octroi des primes et récompenses.

Concernant ce sujet en particulier, je me suis déjà largement exprimé devant cette assemblée, notamment dans le cadre de l’examen de la proposition de résolution visant l’égalité des récompenses pour les femmes et les hommes dans les compétitions sportivesorganisées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette résolution contenait une réponse aux situations que vous dénoncez et dont j’ai pris connaissance comme vous; elle prévoyait notamment, d’une part, «d’inciter les organisateurs d’événements sportifs, organisés et/ou soutenus financièrement ou sur le plan matériel par la Fédération Wallonie-Bruxelles, à offrir des récompenses identiques pour les hommes et les femmes lorsque les épreuves sont équivalentes»et, d’autre part, d’encourager les organisateurs d’événements privés à faire de même.

Ce deuxième élément est évidemment délicat pour l’autorité publique. En effet, nous n’avons aucune prise sur un organisateur privé, sauf s’il demande une subvention. Nous sommes donc dans le domaine de l’incitation et de lacommunication.

À cet égard, la portée donnée par les médias aux constats que vous dénoncez contribue à la prise de conscience des organisateurs. Au-delà, mon administration planche sur des pistes d’action qui ne sont pas encore finalisées à cette heure. Je ne manquerai pas de vous informer des évolutions possibles dans ce domaine.

M. Yves Evrard (MR).

– C’est un travail de longue haleine. Heureusement, les sommes remises aux premier et première arrivés sont équivalentes. Là où le bât blesse, c’est que le quatrième reçoit 100euros alors que la quatrième n’en reçoit que 50... L’organisateur aurait pu les récompenser tous les deux avec 75 euros: ça n’aurait pas chan-gé la face du monde, l’équité aurait été parfaite et le message envoyé aurait été fort.

C’est pourquoi il est impératif de mettre l’accent sur la communication. Le budget des organisateurs serait identique et ne souffrirait aucune contestation, au contraire. Même si les sommes restent modiques, la symbolique sous-jacente serait nettement plus forte et plus porteuse dans le combat que nous menons pour l’égalité entre les hommes et les femmes.

CRIC N°11 (2018-2019)




Source : http://parlement.wallonie.be