La fin du contrat d'insertion
19 décembre 2018

Question d'actualité de M. Evrard à M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation, sur « la fin du contrat d’insertion »

M. Evrard (MR).

- Monsieur le Ministre, la semaine dernière, nous avons appris que le Gouvernement avait décidé de supprimer la mesure contrat insertion.

C’est une mesure qui s’inscrit dans un dispositif plus large, qui visait notamment à soutenir les demandeurs d’emploi de moins 25 ans ou, encore, les demandeurs d’emploi qui étaient demandeurs depuis plus de 12 mois, avec une quatrième mesure, notamment, qui concernait les personnes âgées de plus de 55 ans.

Ce n’est pas vraiment une surprise, que cette suppression, puisque la mesure ne rencontrait pas les objectifs qui avaient été fixés par le précédent Gouvernement, puisque seule une centaine de contrats ont été signés. Cela représentait à peine 1 % des estimations qui avaient été faites. C'est assez surprenant.

Monsieur le Ministre, en connaissez-vous les raisons ?

On sait que près d'un jeune sur six, que l'on qualifie habituellement de NEET, est à la recherche d'un emploi. Par ailleurs, le dispositif offrait jusqu'à 700 euros d'aides à l'employeur, ce qui est significatif.

Dans la culture de l'évaluation que vous souhaitez défendre, vous souhaitez notamment réorienter ce dispositif vers les PFI. On sait que c'est une mesure qui fonctionne très bien et un contrat tripartite qui a fait ses preuves par le passé.

De quelle manière souhaitez-vous renforcer les mesures, notamment au niveau des PFI ?

Monsieur le Président, étant donné qu'il me reste encore quelques secondes, je voudrais demander à M. le Ministre, par rapport à l'attitude et à la stratégie du FOREm pour faire connaître l'ensemble de ces dispositifs extrêmement complexes et souvent méconnus de la part des employeurs, quelle est la dynamique que le FOREm insuffle afin de mieux faire connaître l'ensemble des ces dispositifs.

Je vous remercie pour votre réponse.

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Jeholet.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation. - Monsieur le Député, différents dispositifs d'aide à l'emploi ont été lancés, notamment pour les demandeurs d'emploi âgés de plus de 55 ans et pour ceux se trouvant depuis plus de 12 mois au chômage. Il y avait également cette aide à l'emploi pour les jeunes, l'impulsion Insertion.

Quand j'étais parlementaire, j'avais critiqué cette mesure parce qu'elle ne correspondait pas à une attente des demandeurs d'emploi mais aussi des entreprises puisqu'il fallait pour le jeune avoir plus de 18 mois d'inoccupation, de chômage, pour pouvoir accéder à cette aide. Je me souviens d'un ministre-président à l'époque, lors d'un débat, qui me regardait droit dans les yeux et qui promettait 10 000 emplois jeunes. On en avait fait un sujet de campagne électorale exceptionnel.

Comme vous l'avez dit, on met en place des dispositifs et il faut les évaluer. Après un an et demi, il n'y avait pas 10 000 jeunes au travail, il n'y en avait pas 9 000, il n'y en avait pas 8 000 : il y en avait un peu plus de 100. Quand vous évaluez le dispositif, vous vous dites que cela ne correspond pas aux besoins ni du demandeur d'emploi ni de l'entreprise.

Nous avons décidé au niveau du Gouvernement de supprimer ce dispositif. Il y a une Garantie jeunesse et nous devons faire en sorte de faire tous les efforts pour que les jeunes puissent réintégrer le plus rapidement possible le marché du travail.

Nous allons concentrer les moyens financiers sur les postes actuellement vacants et les métiers en pénurie de main-d'œuvre à travers les Incitants+, c'est-à-dire une aide de 350 euros nets pour le demandeur d'emploi qui suit une formation dans un métier en pénurie de main-d'œuvre mais aussi les « Coup de poing » pénurie de main-d'œuvre pour les entreprises en besoin de travailleurs, de capital humain, et avec le FOREm pour une formation clé sur porte au sein de l'entreprise avec un engagement à la clé. Voilà le type de disposition que nous allons prendre.

Les autres dispositifs d'aide à l'emploi que je citais tout à l'heure seront évalués d'ici quelques semaines, dans le courant des mois de janvier et février pour voir s'ils correspondent bien aux besoins. Il est vrai qu'il n'y a plus de succès. Le tout est de voir s'il y a un effet d'aubaine au niveau des entreprises.

Le FOREm est en charge de faire toute la publicité des dispositifs d'aide à l'emploi. J'en parlais à Mme Zrihen tout à l'heure. Si l'on a des structures, comme les comptables, les experts-comptables, les conseillers fiscaux et fiscalistes, qui peuvent aussi sensibiliser les TPE, les PME, les indépendants, les artisans et les commerçants à ces dispositifs, il faut en profiter.

J'ai parlé tout à l'heure du guichet unique 1890 pour orienter au mieux les entreprises dans toutes les périodes d'encadrement, d'accompagnement et de vie d'une entreprise, que ce soit à la création, par rapport à un besoin d'aide à l'emploi, de recherche, d'innovation, de financement. Bref, un besoin d'accompagnement et d'encadrement, car nos PME sont les moteurs du développement économique de la Wallonie.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Je remercie M. le Ministre pour ses explications. Je pense que c'est une attitude responsable. Effectivement, l'évaluation est indispensable.

J'attire aussi l'attention – M. le Ministre le sait très certainement – sur la mesure qui s'adresse également aux personnes âgées de 55 ans et plus. Je pense qu'elle doit encore être mieux connue, mieux intégrée de la part des employeurs. Je vous rejoins totalement sur cette nécessité d'utiliser tous les canaux – que ce soit via des démarches proactives au niveau du FOREm ou que ce soit vis-à-vis des partenaires habituels, des entrepreneurs, que ce soit les bureaux comptables ou autres – pour faire en sorte que l'on sache exactement à quel type de dispositif les employeurs ont droit pour, justement, favoriser l'emploi et le développer au maximum dans les années futures.




Source : http://parlement.wallonie.be