Les formations en éco construction
28 février 2019

Question orale de M. Evrard à M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation, sur « les formations en écoconstruction »

M. Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, il y a quelques jours, j'ai eu l'occasion de rencontrer des représentants du cluster écoconstruction. Ceux-ci me faisaient part de différentes craintes notamment en ce qui concerne la formation spécifiquement à ce secteur. On sait que c'est un secteur qui est en pleine expansion et qu'il est finalement synonyme de gros pourvoyeur d'emplois dans le futur à travers le développement des différentes filières. On sait aussi que l'écoconstruction permet de construire avec un plus grand respect, notamment, au niveau de l'environnement et que ses techniques de production procureraient, si on en croit les habitants, les propriétaires de maisons ainsi construites, un plus grand bien-être. C'est évidemment une dynamique qui s'inscrit également dans celle des circuits courts.

C'est un secteur sur lequel nous devons être attentifs. L'offre de formation qui existe actuellement en matière de formation semble, selon les représentants du cluster, relativement limitée puisque, selon eux, il est nécessaire d'avoir une main-d'œuvre relativement plus qualifiée que des ouvriers ou des employés dans le secteur de la construction traditionnelle puisque les matériaux utilisés nécessitent une plus grande maîtrise et une mise en œuvre un peu plus particulière.

Au-delà de cela, il y a aussi la formation et le know-how que doivent acquérir les ingénieurs, mais ce n'est pas de votre ressort. Je voulais faire le point avec vous, Monsieur le Ministre, sur la situation actuelle en matière d'écoconstruction, notamment, au niveau de la formation.

Avez-vous eu des contacts ou des échanges entre les organes de formation et les entreprises qui auraient permis d’identifier des besoins à ce niveau ?

Est-ce que, actuellement, des modules de formation existent au niveau de l’IFAPME ou des CISP, éventuellement ?

Avez-vous, à travers votre politique, des idées précises ou particulières à mettre en œuvre, notamment, pour améliorer la formation et permettre à plus de personnes d'accéder aux emplois qui sont importants dans ce secteur d'activité ?

M. le Président. - La parole est à M. le Ministre Jeholet.

M. Jeholet, Ministre de l'Économie, de l’Industrie, de la Recherche, de l’Innovation, du Numérique, de l’Emploi et de la Formation. - Monsieur le Député, la directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments PEB est l’un des facteurs règlementaires qui ont entrainé les plus grands changements des compétences du secteur de la construction. Les prescriptions en termes d’isolation, d’étanchéité, de ventilation du bâti ont mené à l’apparition de nouveaux produits et de nouveaux modes constructifs requièrent une adoption des compétences attendues des travailleurs. Ces compétences ont été d’une part prise en compte dans le cadre des travaux du service francophone des métiers et des qualifications et d’autre part intégrer à l’offre de formation de base de l’IFAPME, mais aussi du FOREm.

Concernant les concepts d’écoconstruction, il faut souligner que le service francophone des métiers et des qualifications n’a pas intégré spécifiquement cette thématique lors de la révision des profils métier et profil de formation. L’offre de formation de base des métiers de la construction de l’IFAPME et du FOREm étant organisée sur base de ces profils, les concepts d’écoconstruction y sont donc sommairement abordés. Néanmoins, l’IFAPME et le FOREm ont développé des offres complémentaires à l’offre de base en matière de conception et de rénovation écoénergétique durable, isolation en construction durable. Les constructions en bois s’inscrivent également dans cette dynamique. Le FOREm développe depuis des années des formations de « construction motrice structure bois » et l’IFAPME travaille depuis deux ans au développement d’une nouvelle offre de formation de base liée à la construction bois et organisera dès la rentrée 2019, une nouvelle formation « chef d’entreprise, entrepreneur en construction bois ».

En ce qui concerne l’offre développée par les CISP, 27 filières agréées concernent le secteur bâtiment en général et 4 filières traitent de la question de l’écoconstruction. Afin de répondre aux besoins des entreprises et bureaux d’études, le développement d’une offre de formation continue est également nécessaire, c’est ce que font les centres de compétence : CONSTRUFORM, Wallonie-bois, FOREm environnement et l’IFAPME en développant une offre spécifique en lien avec les besoins des entreprises.

Depuis cette année, le centre IFAPME de Mons a développé en collaboration avec le cluster écoconstruction une offre de formation dans le domaine de l’écoconstruction, cette offre de formation porte notamment sur :

  • la construction en terre ;
  • la construction en paille ;
  • la pose d’insolent écologique et naturel en ossature bois ;
  • la réalisation d’habitat léger, maison démontable ou des maisons modulables.

Le centre IFAPME Namur-Brabant Wallon sera prochainement doté d’un nouvel outil pédagogique innovant financé dans le cadre des projets FEDER 2014-2020, une maison didactique sera construite dans l’atelier du centre FORMA GREEN, cette maison didactique aura pour objectif le développement d’une offre de formation de base et continue liée à la rénovation énergétique durable des bâtiments. La mise en œuvre de matériaux naturels innovants pourra y être intégrée également.

Toutefois, toutes ces initiatives s’inscrivent dans une logique positive et mon ambition est de renforcer encore ces développements notamment pour que l’écoconstruction devienne une compétence de base qui traverse toutes les formations au métier de la construction et ne soit pas réservée aux seuls initiés.

M. le Président. - La parole est à M. Evrard.

M. Evrard (MR). - Je suis content de vous avoir posé la question parce qu’à vous entendre, j’ai un autre son de cloche et je constate à travers votre réponse que finalement des dispositifs sont mis en œuvre. Je ne doute pas notamment que la réforme des PFI dont nous parlerons ce jeudi permettra là aussi pour des employeurs spécifiques dans ce secteur d’avoir un outil complémentaire pour former des jeunes qui souhaiteraient s’inscrire dans cette dynamique de formation de l’écoconstruction.

Je vous remercie pour votre réponse.




Source : http://parlement.wallonie.be