Etat des lieux des formations dans le secteur spatial
23 mars 2019

Question de M. Yves Evrard à M. Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche et des Médias, intitulée «Formations dans le secteur spatial »

M.Yves Evrard (MR).

–Monsieur le Ministre, le secteur spatial est important pour la croissance et l’emploi. En Région wallonne, votre successeur vient de débloquer vingt millions d’euros en faveur d’un fonds destiné à l’instauration d’une stratégie spatiale. Industriellement, l’économie wallonne est à la pointe dans ce secteur.

Quelles formations propose la Fédération Wallonie-Bruxelles pour maîtriser les compétences nécessaires à ce domaine extrêmement pointu? Par exemple, nos voisins du Grand-Duché de Luxembourg ont mis au point un nouveau master intitulé «Interdisciplinary Space Master» qui sera dispensé dès la prochaine rentrée universitaire. Cette formation poursuit un double objectif: faire du Grand-Duché le centre d’exploration et d’utilisation des ressources spatiales et créer un écosystème attractif pour les entreprises du secteur.

Chez nous, l’Université de Liège développe deux masters liés à l’activité spatiale.

Combien d’étudiants suivent ces masters?

Quelles initiatives de sensibilisation ainsi que de formation universitaire au secteur spatial, spécialement en sciences de l’ingénieur, la Fédération Wallonie-Bruxelles propose-t-elle?

Pouvez-vous faire le point sur ce dossier?

Êtes-vous en contact avec le gouvernement wallon pour coordonner vos politiques, notamment pour le pôle Skywin?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion so-ciale, de la Recherche et des Médias.

–Comme vous le savez, Monsieur le Député, j’ai personnellement mis sur pied le pôle aérospatial wallon Skywin. J’en connais et j’en maîtrise donc les rouages. Pour le surplus, je n’ai pas attendu la création d’un fonds ni l’organisation d’un master interdisciplinaire par l’Université de Luxembourg pour me préoccuper du secteur spatial.

L’Université de Liège est spécialisée dans cette compétence. Le Centre spatial de Liège est l’un des centres de référence tant pour l’Agence spatiale européenne que pour la National Aeronautics and Space Administration(NASA).

Deux masters sont centrés spécifiquement sur le secteur spatial: celui en sciences spatiales et celui en ingénieur civil en aérospatiale. D’autres masters de la faculté des sciences permettent de développer des compétences et des connaissances en lien avec ce domaine, notamment en géologie, en géomatique, en océanographie et en climatologie.

Je rappelle l’importance accordée à l’utilisation des images satellites. L’engouement des étudiants pour ces filières d’études est patent. Pour répondre à l’une de vos questions particulières, une bonne centaine d’étudiants fréquente ces deux masters spécialisés.

Dans ce contexte, un memorandum of understanding est en cours d’élaboration entre les universités de Luxembourg et de Liège pour développer, dans ce nouveau master «Interdisciplinary Space Master», les compétences développées et reconnues de ces deux institutions dans le domaine spatial. Partage du portefeuille de cours, accueil de stagiaires, co-organisations de travaux de fin d’études et cotutelles de thèses de doctorat forment le cœur de cette entente. La collaboration des deux universités devrait être scellée à l’occasion de la visite d’État du roi Philippe au Grand-Duché qui sera organisée à l’automne prochain.

Nous entretenons des relations privilégiées avec le Grand-Duché de Luxembourg et son université. Un accord de reconnaissance automatique des diplômes entre les États et les entités du Benelux a été signé en2015. Il a été officiellement concrétisé le 25janvier2018.

J’encourage donc les étudiants de la Fédération Wallonie-Bruxelles à suivre ce cursus, car leur diplôme sera automatiquement reconnu chez nous. J’ai toujours soutenu concrètement le rapprochement dans le domaine spatial avec le Grand-Duché de Luxembourg, pays limitrophe.

Le double site Redu-Transinne est un chef de file dans ce secteur. L’Euro Space Center (ESC) n’organise pas de formations, mais il propose une sensibilisation aux métiers de l’espace pour les plus jeunes. À ce jour, il a organisé plus de quarante mille journées de sensibilisation; le bilan est donc positif! Par ailleurs, à la fin mars, j’inaugurerai les nouvelles installations destinées à la sensibilisation et à la formation des enseignants européens, dont ceux de la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’ESC sera également accessible aux étudiants de l’enseignement supérieur.

Le site de Redu joue un rôle majeur dans le programme Galileo et le professeur Gillon a été l’un des premiers chercheurs à avoir découvert les exoplanètes. Ce sont des preuves indubitables de la qualité de la recherche dans le domaine spatial en Fédération Wallonie-Bruxelles.

M. Yves Evrard (MR).

–Monsieur le Ministre, votre réponse m’apporte de nouveaux éléments. J’entends que vous souhaitez poursuivre et renforcer la collaboration avec le Grand-Duché de Luxembourg. C’est une stratégie intelligente! Dans un secteur de pointe, la main-d’œuvre compétente fait parfois défaut, c’est pourquoi un domaine aussi vaste que le spatial nécessite, en effet, de favoriser les synergies.

CRIc No66-Ens Sup11 (2018-2019)( 8)




Source : http://parlement.wallonie.be