Formations en éco-constructions dans le supérieur
23 mars 2019

Question de M. Yves Evrard à M. Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche et des Médias, intitulée «Formations en éco-construction»

M. Yves Evrard (MR).

–Ma question porte sur le domaine de la formation. Il y a quelque temps, j’ai rencontré des représentants du Cluster Éco-construction. Le secteur de l’éco-construction est en pleine croissance et s’inscrit dans une dynamique d’économie circulaire qui, elle aussi, est vouée à un très bel avenir.

Par ailleurs, ce mode de construction nécessite une expertise particulière et une main-d’œuvre plus qualifiée que les maçons du secteur de la construction classique. Ce principe concerne non seulement les fonctions de base, mais également celles d’ingénieurs et d’architectes.

Selon le Cluster Écoconstruction, ces derniers sont peu nombreux et ne possèdent pas toujours un niveau de compétence suffisant dans ce domaine. Différentes initiatives existent, dont Jobs@Skills, une structure collective d’enseignement supérieur dans les provinces de Liège et de Luxembourg. Ces partenaires proposent une formation aux professionnels de la construction qui souhaitent intégrer le volet écodurable. Il s’agit d’une formation continue, mais non certificative.

Monsieur le Ministre, quel est votre point de vue sur la formation initiale dans notre enseignement supérieur en matière d’éco-construction?

Entendez-vous éventuellement soutenir la recherche scientifique dans ce domaine? Dans l’affirmative, quels montants du Fonds de la recherche scientifique (FRS-FNRS) seraient-ils concernés? Avez-vous des idées ou des propositions, notamment pour les activités de ce secteur spécifique?

M. Jean-Claude Marcourt, vice-président du gouvernement et ministre de l’Enseignement supérieur, de l’Enseignement de promotion sociale, de la Recherche et des Médias.

S’il n’existe pas de filière spécifique en écoconstruction organisée dans les établissements d’enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, cela ne signifie pas pour autant que les notions utiles aux changements dans les habitudes de construction et à la révolution en cours dans la façon de penser l’habitat en soient absentes.

À des bacheliers ou masters spécialement dédiés à cette matière, les facultés d’architecture et de sciences appliquées, les hautes écoles et les écoles supérieures des arts ont délibérément préféré une approche transversale dans différentes filières concernées, constituant une sorte de fil rouge.

Bien que les exemples soient légions, je citerai avant tout l’importance prise dans les masters en architecture, en ingénieur civil architecte et en sciences géographiques, des matières et cours liés au cycle de vie des matériaux, aux énergies renouvelables, à la place considérable des bilans énergétiques, à l’optimisation énergétique, à la thermique des bâtiments, aux éco matériaux et aux bâtiments et objets connectés. En outre, des unités d’enseignement peuvent être consacrées à la construction durable, à l’image du master en alternance en gestion de chantier en construction durable.

Conscients de l’importance et de l’influence majeure qu’aura certainement le building information modeling, c’est-à-dire la conception virtuelle de nouveaux projets ou de constructions existantes au travers d’un modèle numérique, sur les différentes parties prenantes actives dans le secteur de la construction, plusieurs établissements développent ces nouvelles formations.

Concernant le FRS-FNRS, aucun fonds particulier n’est prévu à cet effet. Toutefois, plusieurs des quatorze commissions scientifiques chargées d’évaluer les projets soumis par les chercheurs dans le but d’obtenir un financement auprès du FRS-FNRS peuvent être amenées à examiner des sujets liés à l’éco-construction. À titre d’exemple, les commissions scientifiques du secteur des sciences exactes et naturelles traitent des demandes liées aux matériaux et à leurs propriétés, à l’ingénierie des matériaux, aux systèmes et logiciels, aux systèmes énergétiques ou encore aux systèmes intelligents.

M. Yves Evrard (MR).

–Monsieur le Ministre, je transmettrai ces éléments de réponse au Cluster Éco-construction, qui se dit préoccupé par la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans ce secteur. C’est l’occasion de rappeler aux jeunes que des études dans ces filières leur garantiraient un emploi «durable». Ce secteur est, en effet, très prometteur, sur les plans tant professionnel qu’environnemental.

CRIc No66-Ens Sup11(2018-2019)




Source : http://parlement.wallonie.be