Problématique de l'absentéisme
20 novembre 2019

Question de M. Yves Evrard à M. Frédéric Daerden, vice-président du gouvernement et ministre du Budget, de la Fonction publique, de l’Égalité des chances et de la tutelle sur Wallonie-Bruxelles Enseignement, intitulée «Problématique de l’absentéisme»

M.Yves Evrard (MR).

–La problématique de l’absentéisme pour raison médicale est importante dans notre pays et touche tous les secteurs d’activité. Au niveau du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles, l’analyse des données a permis de mettre en évidence une légère augmentation du taux d’absentéisme, lequel est passé de 6,15% à 7,19% entre 2015 et 2018.

L’an dernier, votre prédécesseur, Monsieur le Ministre, estimait que les absences couvertes par un certificat médical identifiant spécifiquement le burn-out représentaient à elles seules près de 20% des cas enregistrés. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, la réalité n’en est sans doute pas loin.

De toute évidence, ce phénomène global a des conséquences négatives sur l’organisation des services publics, sur la répartition du travail entre les agents et donc sur l’exécution des missions au profit de la collectivité. Ces dernières années, certaines mesures ont été prises pour faire face à la situation, comme la réforme du cadre afférent au télétravail. En dépit des efforts entrepris, le problème continue de s’aggraver.

Monsieur le Ministre, selon les données dont vous disposez, quelle est la situation actuelle de l’absentéisme au sein du ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Existe-t-il des différences importantes entre les diverses administrations générales ?

Une stratégie spécifique de lutte contre l’absentéisme est-elle à l’étude ?

Avez-vous identifié des axes prioritaires d’action afin d’endiguer les causes de ce phénomène, parmi lesquelles le burn-out ?

M. Frédéric Daerden, vice-président du gouvernement et ministre du Budget, de la Fonction publique, de l’Égalité des chances et de la tutelle sur Wallonie-Bruxelles Enseignement.

Le taux d’absentéisme au sein du ministère atteignait effectivement 7,19% en 2018. Le taux pour l’année 2019 ne pourra être communiqué que dans le courant de l’année 2020, afin d’avoir le temps de récolter toutes les données de l’année en cours.

Mon administration n’a pas pu, à ce stade, me fournir des chiffres actualisés par l’administration générale. Toutefois, ces données existent et je pourrai vous les fournir ultérieurement, Monsieur le Député.

Bien que le taux d’absentéisme au sein du ministère soit en augmentation, il reste inférieur à celui des entreprises privées de plus de 1000 travailleurs, lequel s’élevait en 2017 à 10,2%. Cependant, cela ne doit pas empêcher la Fédération Wallonie-Bruxelles de considérer l’absentéisme comme un enjeu prioritaire. De nombreuses études et mesures ont déjà été menées par le passé pour combattre ce phénomène. Elles visent à améliorer les conditions de travail des membres du personnel et à fournir les outils nécessaires aux instances de gestion pour prévenir les risques d’absentéisme. À titre d’exemple, dès 2008, des mesures ont été prises afin de lutter contre le burn-out dont souffrait le personnel pédagogique, éducatif et de surveillance des institutions publiques de protection de la jeunesse (IPPJ).

Parmi celles-ci figurent une obligation de formation continuée, des possibilités de reclassement volontaire ou l’octroi de congés supplémentaires en fonction de l’ancienneté. Par ailleurs, le ministère s’est doté en 2011 d’une réglementation relative au télétravail et encourageant le recours à celui-ci.

Le nombre de télétravailleurs est passé de 200 à 1300 au 30juin2018. En outre, en 2012, la possibilité offerte aux femmes enceintes de bénéficier d’un mi-temps pendant les deux mois précédant l’accouchement avec maintien de la rémunération à 100% a été réintroduite.

Le contrat d’administration conclu durant la législature précédente contient également un projet relatif au développement d’une politique de prévention de l’absentéisme, axé à la fois sur la promotion du bien-être au travail et sur la lutte contre les éventuels abus. Concernant cette dernière, l’arrêté du gouvernement de la Communauté française du 10mai1996 relatif au contrôle des absences des membres du personnel, modifié le21mars2018, limite les incapacités de travail d’un jour sans certificat médical à trois jours par an ou à douze jours en cas de maladie grave de longue durée.

En matière de bien-être, l’arrêté du gouvernement de la Communauté française du 2 juin 2004 relatif aux congés a été modifié le17mai2017 afin d’augmenter le nombre de jours de congés pour motif impérieux d’ordre familial de 20 à 45jours dans certaines hypothèses, et d’instaurer le droit pour le personnel qui le souhaite de bénéficier non plus de deux, mais de trois semaines de congé continues par année.

En outre, le conseil de direction du ministère a constitué en son sein une commission chargée de la thématique du bien-être au travail. Sur la base des travaux réalisés par cette commission, le secrétaire général a demandé au service de prévention externe spmtarista de réaliser un diagnostic du bien-être au ministère. Ledit service a confié cette mission à son partenaire BAO Group.

Le rapport de ce dernier a fait l’objet, à la fin de 2017, des journées du personnel d’encadrement. Ce dernier a été invité à faire des propositions pour améliorer le bien-être. Un séminaire a ensuite été organisé par les mandataires, invités à formuler des propositions en la matière. Ils ont participé en 2019 à une formation de quatorze jours, «Trajet bien-être», dispensée par BAO Group.

Enfin, le ministère a mis en œuvre une expérience pilote de partage du temps de travail en fin de carrière, baptisée «Cap 61+», que nous avons déjà évoquée dans cette commission. Il s’agit de permettre aux membres du personnel des niveaux 2 et 3 de plus de 61ans de bénéficier d’une réduction d’un cinquième de leur temps de travail avec maintien de la rémunération à 100%. Pour ne pas reporter la charge de travail sur les collègues, une embauche compensatoire est prévue. J’avais cité les chiffres au cours de la réunion précédente de la commission.

Cette mesure fera prochainement l’objet d’une évaluation qui permettra au gouvernement de se prononcer sur le devenir de ce projet de partage collectif du temps de travail qui, comme j’ai déjà eu l’occasion de le préciser, me tient à cœur.

Par ailleurs, la Déclaration de politique communautaire (DPC) prévoit l’établissement de différentes mesures liées au bien-être au travail. Il est ainsi prévu, entre autres, de faciliter la mobilité, de promouvoir un droit à la déconnexion, d’effectuer un screening de la charge de travail afin d’objectiver les besoins en personnel ou encore d’encourager le télétravail. Ces éléments feront partie d’un prochain contrat d’administration qui sera négocié entre le ministère et le gouvernement.

M. Yves Evrard (MR).

–Les dispositifs permettant de faire face à l’absentéisme sont nombreux. Il s’agit de faire prendre conscience à l’ensemble du personnel de l’existence de ces outils visant, notamment, à améliorer leur bien-être. J’ose espérer que ces dispositifs se traduiront par une réduction de l’absentéisme. Il importe cependant d’être également attentif aux abus.




Source : http://parlement.wallonie.be