l'implémentation de la plate-forme Mobiregio
14 septembre 2020

QUESTION ORALE DE M. EVRARD ÀM.HENRY, MINISTRE DU CLIMAT, DEL’ÉNERGIE ET DE LA MOBILITÉ, SUR « LA MÉTHODOLOGIE D'IMPLÉMENTATION D'AIRES DE COVOITURAGE ET LE PROJET DE PLATE-FORME MULTIMODALE DE MARCHE-EN-FAMENNE »

M.Evrard (MR). - Monsieur le Ministre, voici la dernière d'une première salve et puis il y en aura encore une tout à l'heure. Vous l'avez compris, dans la salve de questions, c'est évidemment la mobilité qui est au cœur de nos préoccupations, notamment en ce qui concerne les aires de covoiturage.

On sait notamment qu'il existe sur le terrain ce que je vais appeler des « besoins réels », que l'on peut facilement identifier, notamment au travers des parkings assez anarchiques qui s'installent aux bretelles d'autoroutes ou à d'autres emplacements plus particuliers. Et puis, on a, de temps à autre, des « besoins virtuels », qui émanent de l'une ou l'autre étude et qui bénéficient notamment d'investissements importants.

Pour ne citer qu'un exemple, je voudrais reprendre le dossier qui concerne la plateforme multimodale qui est située au cœur de la bretelle d'accès à la nationale4 en direction de Bastogne, le rond-point de la Pirire.

Je ne sais pas si vous pouvez plus ou moins visualiser où cela se trouve, mais c'est un projet qui a été réalisé pour la somme de 1million d'euros. Il était prévu, à l'origine, pour regrouper les poids lourds dans un lieu sécurisé. Malheureusement, pour cette formule, une fois que les travaux ont été réalisés, l'on s'est rendu compte que personne, aucun camionneur, n'allait utiliser cet espace.

Finalement, c'est un coup d'épée dans l'eau. La SOFICO a été chargée notamment d'étudier les perspectives pour le lieu. Je répète : on a investi 1million d'euros, je ne sais pas trop sur quelle base, et puis on se demande, finalement, ce que l'on va faire de tout cela. La Ville de Marche a essayé de corriger le tir et notamment de diversifier l'affectation de cette zone en envisageant l'installation d'un hôtel – c'est d'ailleurs la SOFICO qui va y réaliser le cahier des charges – qui coexisterait avec une zone de covoiturage et de stationnement de véhicules lourds et légers.

Monsieur le Ministre, je voulais savoir : au-delà de cet exemple malheureux, qu'est-il mis en place aujourd'hui ? Des études, on n'en manque pas, mais qu'est-il mis en place aujourd'hui comme méthodologie spécifique qui permet d'analyser de manière objective les besoins en infrastructures dédiées au covoiturage ou au stationnement sécurisé. On fait des études qui durent longtemps et puis on se rend compte que l'on est à côté de la plaque.

Il y a peut-être une autre approche qui serait de dire : dans le comportement des utilisateurs –c'est ce que vous m'avez répondu tout à l'heure –, on voit qu'il y a manifestement des endroits stratégiques qui mériteraient des aménagements conséquents. Là, on aurait la certitude de ne pas se tromper. Pouvez-vous m'éclairer sur ce dossier de Marche pour savoir ce qu'il en est ? Quelles sont les perspectives futures ? C'est avec plaisir que j'écouterai vos réponses.

M.Henry, Ministre du Climat, de l’Énergie et de laMobilité. - Monsieur le Député, aux yeux de mon prédécesseur, le projet de parking de covoiturage à Marche-en-Famenne semblait disposer de certains atouts. Nous héritons de cette situation et, avec la SOFICO, nous tentons de la gérer au mieux. Sur ce site, la SOFICO termine un cahier des charges de concession pour un hôtel. Il sera l'occasion de revaloriser le site du parking de covoiturage, d'améliorer sa signalisation, son accessibilité, sa visibilité ainsi que son contrôle social. De manière plus générale, les critères utilisés par l'administration pour évaluer la pertinence d'un projet de parking de covoiturage sont les suivants :

  • la proximité d'un axe structurant et l'intensité du trafic. C'est le premier critère, et de loin le plus important, pour assurer la réussite d'un parking de covoiturage, à savoir sa proximité au réseau routier primaire, à l'intersection ou le long d'axes connaissant un trafic important
  • une accessibilité routière aisée et sécurisée; -la présence de stationnement de covoitureurs, «sauvage» ou non, à proximité immédiate du site, qui témoigne déjà d'un intérêt déjà préexistant;
  • la maîtrise foncière du site par les pouvoirs publics;
  • la visibilité depuis l'espace public pour être facilement repéré et la présence d'un contrôle social qui est un gage de sécurité;
  • la taille du parking qui doit être suffisante; -l'accessibilité en transport en commun et à vélo dans un souci de multimodalité.

Pour l'avenir, nous miserons sur le développement de parkings de covoiturage en partenariat avec des propriétaires de parkings existants, sous-utilisés en semaine, et qui, sur base d'accords de coopération, pourront être utilisés par des covoitureurs. Pour ce faire, un cahier des charges est en phase d'attribution au SPW.

Cette dynamique a l'avantage de créer des parkings de covoiturage à moindre coût et met une méthodologie en place qui permettra une mise en œuvre plus structurée et plus systématique des ambitions en matière de covoiturage parce que c'est entant que tel un volet de la politique de mobilité. Ce marché prévoit également de travailler à la visibilité et la signalisation de ces nouveaux parkings, mais également des parkings existants, qu'ils soient publics ou privés.

À l'issue de ce marché, prévu sur deux ans, nous identifierons les manques et nous planifierons la réalisation de parkings publics supplémentaires venant compléter le réseau wallon de parkings de covoiturage.

M.Evrard (MR). - Merci pour la réponse qui a le mérite de dresser les perspectives futures et la manière d'atteindre les objectifs. Dans les critères, ne soyons pas trop restrictifs. Vous évoquez notamment l'espace et la maîtrise foncière qui doivent être suffisants pour y créer un parking. Là aussi, il faut être proactif et peut-être forcer un peu les choses. On le voit en ce qui concerne les grands axes autoroutiers, il y a des endroits aujourd'hui clairement définis et la priorité serait d'abord d'aménager ces endroits. Je vous rejoins aussi sur la possibilité de trouver des synergies avec les parkings existants. Cela se passe relativement bien, notamment avec des opérateurs de la grande distribution qui disposent, en dehors des week-ends, de parkings surdimensionnés et ce sont des synergies intéressantes.

P.W. – C.R.A.C. N°3 (2020-2021) – Lundi 14septembre2020




Source : http://parlement.wallonie.be